vendredi, juillet 20, 2007

L'ombre du vent / The Shadow of the Wind

Bientôt les vacances (mais si, le soleil va revenir), c'est le moment de faire une provision de bons livres pour la plage. Mis à part les romans de Ian Rankin, que je ne recommanderai jamais assez, je veux absolument faire partager mon enthousiasme pour un roman que je viens de finir. Il n'a rien à voir avec l'Ecosse mais, what the heck, les bons livres sont universels.

Il s'appelle L'ombre du vent, par l'auteur espagnol Carlos Ruiz Zafon (avec un accent sur le "o" mais je ne l'ai pas sur mon clavier !). Il contient tous les ingrédients d'un bon livre : de l'amour, de l'amitié, de la violence, de l'humour, du suspense... C'est un roman d'apprentissage sur un adolescent qui devient un homme, ça parle de la tendresse d'un père pour son fils, c'est une célébration de l'amour des livres, ça retrace l'atmosphère de Barcelone pendant la guerre civile puis le franquisme... Il y a plein de personnages mais on n'est jamais perdu. La langue est superbe, même en traduction (il existe en anglais sous le titre The Shadow of the Wind).

Et pour le défi littéraire de Pepette, il constitue un bon exemple d'auteur qui commence par "z" !

The Shadow of the Wind by Spanish author Carlos Ruiz Zafon is the must-read book of this summer (okay, it was released three years ago but I've only just finished it !). It's sexy, it's full of drama, it's exhilarating and at times terrifying. Now for the plot : it's a coming-of-age novel about a boy who discovers a forgotten book and becomes obsessed with his mysterious author. As he embarks on a quest to find him, his life becomes more and more entwined with that of the writer. But it's also the story of the love of a widowed father for his son and an account of the life in Barcelona under General Franco. It's full of suspense and finely written -even in a translation.

It's also a good example of a writer starting with a "z" for Pepette's book challenge.

Now I'm off for a couple of weeks to a hot and sunny place, before heading off to my beloved Scotland. I'll be back with plenty of pictures and new impressions that I shall share on this blog. Have a nice summer everybody.


Je pars pour deux semaines dans un pays où il fait beau et chaud avant de passer quelques jours en Ecosse d'où je ne manquerai pas de ramener des impressions toutes fraîches. Bon été à tous.

mardi, juillet 17, 2007

Ullapool is worth a look

Earlier on this blog, I mentionned Ullapool. This place used to fascinate me, not only because of its name that sounds a bit like hula hoop, but also because judging by maps it was the most northern town on the west coast of Scotland. Not as northern as Orkney, which I still have to visit, but it seemed pretty remote nonetheless. As often when you fantasize about a place, it doesn't seem so impressive once you get there. It's a small fishing village where every odd house is a B&B and which must be VERY boring in winter. It's as close to Iceland, the most northern place in Europe I've been, as can be : same sense of isolation, same cold and humid air, but less trendy bars than in Reykjavik. Still, seeing seals frolicking at your feet in the harbor is a sight you don't get too often. So all in all, it's a place worth visiting.

Dans un précédent post, j'ai mentionné Ullapool. Ce nom m'a longtemps fasciné, pas seulement à cause de sa consonnance éminemment exotique, mais parce qu'il s'agit de la ville la plus au nord sur la côte ouest de l'Ecosse. Cela m'apparaissait comme une terre inconnue, pas autant que les Orcades, que je rêve de visiter, mais quand même passablement dépaysante. Comme souvent quand on fantasme sur un endroit, il est beaucoup moins impressionnant en réalité. Ullapool est une petite ville de pêcheurs, où une maison sur deux est un B & B et qui doit être bien déprimante en hiver. Cela m'a rappelé un peu l'Islande, l'endroit le plus au nord de l'Europe où je sois allée : même sentiment d'isolation, même air froid et humide, mais moins de bars branchés qu'à Reykjavik. Enfin, voir des phoques batifoler à ses pieds dans les eaux du port n'est pas une vision que l'on a tous les jours. Donc ça vaut quand même le coup d'y aller.

Photo : Bev and Steve

lundi, juillet 16, 2007

Time for a change

A few years back, I used to write a column for the Sunday Herald about my life in Paris. It was just after the National Front came second in the presidential election and there was a sudden interest in these bizarre French who never seemed to get anything right. The column lasted for over a year before they decided to scrap it (something I said ?) but I thoroughly enjoyed it. Yet I'm not sure I would manage to do it now. Although I speak English on a daily basis at home, my written English has got very rusty. A few emails to friends and greeting cards to family are far from enough to keep it going.

So I've decided to try to write this blog in English.
Or at least parts of it.

I know it’s better to get a broader audience (not that I have very grand ambitions) and most French-speaking bloggers understand English anyway. First of all, it’s a good exercise if I ever want to get some freelance work in Scotland again... ;)

The main drawbacks are : 1/ It will take double the time to write and 2/ I might make plenty of mistakes and have a very dull style despite the help of my Robert & Collins dictionnary. Sorry to French- and English-speaking readers but there should be less posts with more misspellings in them… Stay tuned and be patient, it should improve along the way.

Ce blog va tenter de devenir bilingue. Si ça me prend trop de temps, je retourne à ma langue natale !

vendredi, juillet 13, 2007

Tintin est-il raciste ?

Il paraît que la polémique est relancée en Grande-Bretagne sur le racisme des albums de Tintin. La librairie Borders a décidé de retirer Tintin au Congo du rayon enfants suite à une plainte d'un client à propos du contenu colonialiste de la bande dessinée.

C'est drôle, je viens justement d'emprunter ce livre à la bibliothèque pour mon fils qui se passionne pour les aventures du jeune reporter à houpette.

Ce n'est pas un scoop, les Africains y sont représentés comme de grands enfants, en admiration devant la supériorité de l'homme blanc...

... lequel sacrifie allègrement des animaux sauvages.

Tintin au Congo est le reflet de son époque. Eh oui, l'Europe a été une puissance coloniale, et ce n'était pas joli joli. Alors, faut-il laisser cet album entre les mains des enfants ? Si l'on est choqué par cet épisode, que dire de la tonalité antisémite de L'île mystérieuse, au baddie au nez crochu ?
Quant au personnage du capitaine Haddock, ne banalise-t-il pas le drame de l'alcoolisme ? C'est clair, la lecture de Tintin est un peu embarrassante de nos jours.

Dans d'autres albums pourtant, Tintin fait la preuve de sa générosité. Il brave tous les obstacles pour retrouver son ami Tchang dans Tintin au Tibet. Il corrige un affreux colonialiste dans Le lotus bleu :

Avec Tintin, on parcourt le monde, il y a des chameaux, des éléphants, des crocodiles, des avions, des trains, des bateaux, tout ce qu'il faut pour éveiller la curiosité des enfants. Le contexte historique, ils le comprendront plus tard. Mon aventure préférée, c'est évidemment...

L'île noire et son gorille terrifiant qui se révèle en fait gentil à la fin (et qui est confié au zoo de Glasgow !). Mais que penser de la représentation des Ecossais ?



Ce ne serait pas un peu caricatural par hasard ?

(P.S. : oui, j'ai L'île noire en anglais, c'est beaucoup plus amusant !)

lundi, juillet 09, 2007

La cuisine écossaise à la mode en France !

J'ai lu dans la presse française que les produits qui vont envahir les rayons de nos magasins prochainement contiendront le nouvel ingrédient à la mode... je vous le donne en mille : l'avoine ! On va en trouver dans "les céréales, les biscottes et même les glaces", écrit Libération du 29 juin.

Je ris en pensant que l'aliment de base des foyers écossais va devenir un ingrédient tendance ! Je n'ai pas attendu la mode pour me régaler que cette céréale roborative. Mes trois préparations à base d'avoine préférées sont :

1- les oatcakes. Un plateau de fromage (Cheddar, Stilton, Brie...) avec du raisin, des pommes, des crackers et ces savoureuses galettes... Bliss.

2- des Quaker Oats au petit-déjeuner. Trois minutes au micro-ondes avec du lait et du sucre. L'hiver de préférence, car c'est nourrissant.

3- du poisson pané où les breadcrumbs sont remplacés par des flocons d'avoine, éventuellement passés au mixer. Avec du saumon, c'est encore mieux.

mercredi, juillet 04, 2007

Weegie wannabee

Je ne connaissais pas le mot Weegie avant l'actualité explosive de ces derniers jours. J'ai appris que c'était l'expression familière pour Glaswegian, habitant de Glasgow. Comme il est indiqué sur le site dédié au bagagiste John Smeaton, qui s'est battu contre le terroriste kamikaze à mains nues : "Nobody gets between 10,000 Weegies and a £99 week in Ibiza booked on Thursday night through Barrhead Travel". Lol !

Du coup, j'ai fait une petite recherche sur Internet, et je suis tombée assez vite sur un site "designed and built by a weegie, for weegies, and for weegie wannabees everywhere!". On peut y faire un test sur son degré de connaissance weegie mais j'ai obtenu un résultat moyen. J'ai surestimé la population de Glasgow et l'ancienneté de son université, mais j'ai sous-évalué le nombre de Glasgow aux Etats-Unis...

A tester aussi, sur la page Glasgow today : "click on the train to experience a Glasgow subway ride".

Photo : SmartAlex

mardi, juillet 03, 2007

Paisley in the news

Plus j’y pense, et plus j’ai du mal à croire que Paisley ait abrité un réseau de disciples d’Al Qaeda. Paisley, c’est à deux pas de chez mes beaux-parents, for God’s sake ! C’est là que travaille ma belle-sœur ! Je pense qu’elle ne m’en voudra pas de livrer ainsi quelques indiscrétions familiales, après tout, ça lui fait de la pub : elle travaille chez un fabricant de kilts sur mesure. Ils reçoivent des commandes du monde entier, des Etats-Unis, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, partout où la diaspora écossaise s’est répandue. Ils ont un site Internet sur lequel le patron de la boutique détaille son métier. The real McCoy comme il dit lui-même. On ne fait pas plus écossais que ça ! Des terroristes à Paisley ? You must be joking.

lundi, juillet 02, 2007

Tous unis

C'est drôle comme des commentaires sur un message peuvent donner des idées pour un autre message. Les tentatives d'attentat à Londres et à Glasgow m'ont fait repenser au débat sur l'identité britannique. En s'attaquant à l'aéroport de Glasgow, les terroristes montrent qu'ils ne visent pas seulement le pouvoir central représenté par Londres mais aussi le sentiment de sécurité et d'aisance des pays occidentaux, incarné par les départs en vacances en famille. (Sans doute ont-ils voulu aussi adresser un message au nouveau premier ministre, écossais.)

Londres ou Glasgow, c'est la même menace, les mêmes attaques contre un mode de vie occidental, les mêmes moyens mobilisés pour identifier les coupables. Alors, le Royaume n'est-il pas uni finalement ? N'est-on pas tous dans le même bateau, Anglais, Ecossais, Chrétiens, Musulmans, upper class, middle class, tous révoltés par la violence aveugle ? La prise de conscience vaut pour tout le monde, down south ou north of the border.

Quand même, pour une fois que l'on entend parler de Glasgow aux informations françaises, ça fait tout drôle que ce soit en ces termes-là. S'agit-il bien de Glasgow International Airport, si modeste par rapport à Heathrow ? Est-ce vraiment à Paisley, petite banlieue commerçante et résidentielle, que l'hôpital a été évacué ? Les infos montraient aussi la communauté asiatique de Pollokshields, choquée de ces événements. Espérons que certains esprits butés n'auront pas l'idée de faire l'amalgame.

Photo : BBC

dimanche, juillet 01, 2007

Cheer up, Glasgow

Lorsque j'ai entendu à la radio ce matin que la menace terroriste était maximale en Grande-Bretagne, j'ai eu le pressentiment qu'il s'était passé quelque chose à Glasgow. Sure enough, "two crackpots", comme Mr Clerk les a immédiatement surnommés, ont précipité leur Jeep Cherokee enflammée sur une des entrées de l'aéroport international de Glasgow, of all places !

En tant que troisième plus grande ville du Royaume-Uni, il n'y avait pas de raison que Glasgow reste hors de la ligne de mire des terroristes, surtout avec un nouveau premier ministre écossais.

Lorsque l'on vit à Paris, on s'habitue à vivre avec une menace permanente. On est obligé d'y penser quand on entend les messages de sécurité à longueur de journée dans le métro ("Signalez tout bagage abandonné" etc...).

Cheer up,
habitants de Glasgow, this is the world we live in, we are all in this together. Mais surtout, ne vous laissez pas démoraliser.

Photo : Cr055F1RE

jeudi, juin 28, 2007

Il n’y a pas que Londres dans la vie

S’il y a une habitude qui m’agace prodigieusement chez les Français, c’est leur propension à mélanger allègrement Anglais et Britanniques. L’autre jour, j’ai discuté avec une jeune femme qui travaille régulièrement à Londres. Elle connaît tous les recoins de la capitale, les boutiques de Notting Hill, les restaurants de Terence Conran, les sandwiches de Marks & Spencer n’ont aucun secret pour elle. Quand je lui ai suggéré « Il n’y a pas que Londres », elle m’a répondu : « Oui, je vais régulièrement à Tokyo aussi ». Moi, je voulais dire : « Il y a aussi Bristol, Cardiff, Manchester, Newcastle, Glasgow, Edimbourg, Dundee (photo)… » Elle n’y était jamais allée. Bien entendu, mon interlocutrice parsemait régulièrement ses phrases de « marques anglaises » ou « consommateurs anglais » quand « britannique » aurait convenu.

Je sais bien que Londres est mondialement reconnue pour son dynamisme, son opulence, sa vitalité. Mais elle n’a pas le monopole des bars branchés, de la vie culturelle, des musées aux scénographies soignées, des artistes pleins d’imagination… C’est une vision très française de croire que tout se passe dans la capitale. Et encore une fois, les Anglais ne sont ni des Gallois ni des Ecossais. Ces derniers ont déjà du mal à se faire appeler Britanniques…

Photo : frak992006

mercredi, juin 27, 2007

The Deal

C'était prévu, on y est : Tony Blair cède officiellement la place à son successeur désigné Gordon Brown. J'ai déjà dit (ici et ) ce que je pensais de l'ancien et du nouveau Prime minister britannique. Plutôt du bien, malgré les dérives du premier et l'austérité du second. Mais quand même, j'aimerais bien être dans le secret des dieux pour savoir ce que Gordon dira à Tony au moment de la passation de pouvoir. Quelque chose comme "About time too..."

mardi, juin 26, 2007

Glasgow primé à Cannes

Bon, ce n'est pas vraiment Glasgow mais un fabricant de téléviseurs. Et ce n'est pas LE festival de Cannes du cinéma mais son confrère de la publicité qui se tient en juin. Mais quand même, cette publicité tournée à Glasgow (j'en avais parlé ici) a reçu un Lion d'or, une des plus grandes récompenses de ce rendez-vous des professionnels de la pub (pour voir plein de beaux spots étrangers, c'est ).



Elle ne donne pas forcément une très bonne image de la ville (on est dans un council estate, pas chez Charles Rennie Mackintosh), mais ça me fait plaisir que Glasgow soit considérée comme suffisamment cool pour accueillir le tournage d'une pub internationale. Pour fêter ça, je passe aussi le making of.

dimanche, juin 24, 2007

Scotch beef (+ Marks & Sparks is back ?)

Lors de mon bref séjour à Venise, j'en ai appris de bonnes sur l'Ecosse. Il se trouve que l'un de mes compagnons de voyage s'occupait aussi d'une agence de promotion des produits britanniques à l'étranger, Food from Britain. Il me disait qu'il avait toutes les peines du monde à travailler avec les producteurs écossais, par exemple de boeuf ou de saumon, car ils refusaient de s'associer au mot "Britain". Selon lui, c'était une erreur, car la grande distribution est plus intéressée par l'organisation d'une semaine promotionnelle autour de produits britanniques qu'écossais ou gallois. Pour lui, la Devolution était une source de tracasseries qui risquait de fermer des marchés à l'Ecosse. J'ai essayé de lui expliquer que la rivalité historique entre les Anglais et les Ecossais n'était pas du folklore et que ces derniers revendiquaient leur identité au même titre que les Catalans en Espagne. D'après mon interlocuteur, cela restait une aberration du point de vue des affaires.

Comme il connaissait bien la vie quotidienne en Grande-Bretagne, nous avons eu des échanges intéressants. Par exemple, il me faisait remarquer que les surgelés étaient beaucoup moins développés outre-Manche qu'en France. Ils sont plutôt réservés à des achats basiques, comme les frites. Mais une enseigne comme Picard, par exemple, qui propose des plats élaborés, ne marcherait pas au Royaume-Uni. En revanche, les plats frais partent comme des petits pains chez eux. Cela tient au fait que les Français ont l'habitude de faire de grosses courses, alors que les Britanniques achètent tout au long de la semaine.

Au passage, il m'a glissé une information capitale : Marks & Spencer préparerait son retour en Europe ! Nous sommes tombés d'accord qu'ils ne devraient revenir qu'avec des magasins d'alimentaire. Leurs petites culottes, on s'en passe. Mais leur soda bread, mmmh, même Monoprix ne s'y est pas mis.

Photos : roadapplepie, haggis the brave

jeudi, juin 21, 2007

L'Ecosse au Bourget

Tiens, l'Ecosse est au Salon de l'aviation du Bourget. S'ils pouvaient militer pour développer les vols directs Paris-Glasgow, ça serait sympa...

L'A380. Même vu de loin, il est gros.




mercredi, juin 20, 2007

Avis de recherche

En gare de Venise, on trouve une photo de Madeleine McCann, la fillette anglaise enlevée au Portugal, dont la disparition mobilise l'Europe entière. Petit ange, où es-tu ?

dimanche, juin 17, 2007

Back from Venice #3

A Venise, l'art est partout, y compris sur une poubelle, même si elle prétend le contraire.

Devant le Palazzo Grassi, siège de la fondation du milliardaire François Pinault, une oeuvre de l'artiste Subodh Gupta à base de casseroles...

Fil rouge de la Biennale, des crocodiles roses...



L'art de rue, c'est bien aussi.

Choc des cultures.

Typically italiano.



A Venise, tout est beau.

Gros orage à la sortie de Venise. Heureusement, j'avais pris le train.

Back from Venice #2

Le Pavillon nordique (Finlande, Norvège, Suède) est le plus intéressant de la Biennale de Venise, à mon sens. La France en prend pour son grade. A l'entrée, trois toilettes publiques représentant la liberté, l'égalité et la fraternité...



...sont hors service.

L'artiste Abel Abidin propose de réserver son voyage pour Bagdad.



Exemple de conseils du guide touristique : "Où manger ? Si vous sortez prendre le petit déjeuner, évitez les endroits achalandés. Fréquentez plutôt les cafés discrets. En fait, nous vous conseillons de prendre votre petit déjeuner dans votre chambre d'hôtel." Humour noir.

De nombreuses installations évoquent le futur de la planète. Le Pavillon allemand nous imagine en astronautes en partance pour un monde meilleur (du moins, c'est ce que j'ai cru comprendre). Un peu lourd... J'ai préféré la proposition canadienne : un géant en décomposition, dans lequel des oiseaux ont fait leur nid. Dérangeant, comme l'art devrait l'être.

Le Pavillon français est assez impressionnant à condition d'être francophone. L'artiste Sophie Calle a transformé l'humiliation d'une rupture amoureuse en vengeance monumentale en confiant l'e-mail envoyé par son ex-amant à une centaine de femmes. Actrice, chasseuse de tête, avocate, auteure de livres pour enfants, dessinatrice, voyante, journaliste, adolescente, toutes ont livré leur interprétation, en général assez féroce pour l'homme.



Par exemple, une institutrice a imaginé un conte sur un prince qui aimait trop...

Il est vrai qu'il est plutôt ridicule, ce Monsieur X, avec son style ampoulé et sa façon de se dédouaner en invoquant l'incapacité de tenir l'engagement de ne pas revoir ses anciennes amies. Dis tout de suite que tu ne veux plus la voir, ça ira plus vite ! Mais Sophie Calle se donne le beau rôle en apparaissant comme éminemment aimable et généreuse ("l'amour que vous me portez était le plus bénéfique pour moi"). Il est toujours plus facile d'être quitté que de quitter.

Bref, c'est très égocentrique (évidemment), très porté sur le name-dropping (Jeanne Moreau, Arielle Dombasle, Mazarine Pingeot, la fille de Mitterrand... Sophie Calle a des relations), très verbeux donc très français, mais aussi ambitieux et par moment très drôle. Dommage que les non-francophones passeront à côté de la plupart des contributions.

"Prenez soin de vous" ("Take care"), c'est l'intitulé du Pavillon français.







Et aussi...

Des artistes brésiliens reconstituent une favela avec des briques.



Le Pavillon chinois vaut surtout par le lieu d'exposition, dans l'arsenal.

Belle idée dans le Pavillon africain : des baffles dont l'ombre projetée rappellent une certaine skyline...

Back from Venice #1

Yes, l'Ecosse est à la Biennale de Venise ! La 52ème Exposition Internationale d'Art réserve une petite place aux artistes écossais Charles Avery, Henry Coombes, Louise Hopkins, Rosalind Nashashibi, Lucy Shaer et Tony Swain. Alas, leur lieu d'exposition est situé dans un quartier excentré de la Sérénissime (pour ceux que ça intéresse : Dorsoduro, dans le Palazzo Zenobio, arrêts du Vaporetto S. Basilico et Ca Rezzonico !). Mon programme très serré ne m'a pas permis d'y faire un tour mais la manifestation dure jusqu'au 2 novembre 2007, j'aurai peut-être le temps de me rattraper... On peut trouver toutes les infos sur la présence écossaise à la Biennale sur www.scotlandandvenicebiennale.com.

J'ai quand même eu le temps de visiter le pavillon de la Grande-Bretagne qui rend hommage à l'artiste anglaise Tracy Emin. Cette jeune femme est devenue une véritable star dans son pays grâce à ses oeuvres basées essentiellement sur sa vie privée et surtout sexuelle. C'est le triomphe de la "pipolisation" comme on dit en bon français mais elle réussit à le transcender pour en faire une oeuvre universelle et cela restera sans doute comme un témoignage sur l'obsession de la célébrité dans les années 90-00. Le pavillon français déclinait d'ailleurs un thème similaire mais de façon un peu plus complaisante, j'y reviendrai plus tard.



L'avantage avec Tracy Emin, c'est que l'on peut apprécier son travail même sans connaître son histoire personnelle. Ici, par exemple, ses écrits au néon peuvent se lire sans en comprendre le sens, juste pour leur effet graphique.



Ces aquarelles font partie de la série "avortement". Pas très gai mais l'accumulation d'images, comme peintes dans l'urgence sur un cahier, crée de l'émotion. Et les couleurs donnent de l'espoir.

J'ai vraiment été heureusement surprise par l'exposition Tracy Emin, que je pensais plus superficielle. La Biennale de Venise se compose de pavillons nationaux. 106 pays sont représentés cette année. J'en présenterai une sélection dans mes prochains posts, avant de revenir à ma thématique écossaise. C'est bien aussi de voyager un peu.

Quand même, je ne pourrais pas finir sans une vue de la Piazza San Marco. Arrivederci !