mercredi, mai 16, 2007

La capitale européenne du crime

Je suis une inconditionnelle de l'auteur de romans noirs Ian Rankin, qui met en scène le détective désabusé John Rebus dans un Edimbourg triste et pluvieux. Je viens de découvrir son alter ego à Glasgow : Denise Mina, qui a écrit plusieurs romans policiers dont un titré Garnethill. Garnethill est notre ancien quartier à Glasgow et ça me fait tout drôle de voir qu'un écrivain y a situé une histoire de crime sanglant. Voici le résumé :

"Maureen est un suspect idéal : elle a retrouvé dans son appartement le corps mutilé de son amant, Douglas Brady, après être rentrée tard dans la nuit en état d'ébriété. Qui peut croire à son innocence alors qu'elle a déjà été internée en hôpital psychiatrique ? Dés le début de l'enquête, Maureen se sent traquée par la police, trahie par sa mère alcoolique, sans compter le handicap d'un frère, trafiquant de drogue. Pire, elle est fragilisée par les attaques pernicieuses d'un ennemi invisible. Un vrai cauchemar pour elle, d'autant que ses investigations la mènent au sein du Northern Hospital, l'établissement où elle a séjourné et qui tente d'étouffer un horrible scandale : une affaire de viols. Lorsqu'un second corps est découvert, Maureen comprend qu'elle doit trouver elle-même l'assassin. Sa vie en dépend."

Mmmm. J'ai comme l'impression que Denise Mina n'est pas inscrite au programme de l'office du tourisme écossais. En même temps, Glasgow est connue comme "la capitale européenne du crime" et pour être tout à fait honnête, une vieille dame avait été assassinée dans notre rue du temps où nous y habitions. La police avait fait une tournée dans tous les logements pour prendre des échantillons ADN.

A part ça, c'est une très belle ville et j'invite tout le monde à venir y passer ses vacances !

lundi, mai 14, 2007

Une pensée pour Gordon Brown

C'est vrai qu'il n'a pas le charisme de Tony Blair, mais j'ai de la sympathie pour Gordon Brown, son successeur annoncé. Ce n'est pas ses sourcils broussailleux, sa mine austère ou son agaçante manie de laisser pendre sa lèvre supérieure lors de ses discours qui me séduisent. Mais j'apprécie son sérieux, sa probité apparente, sa compétence en économie... et le fait qu'il soit Ecossais ! Et puis mon côté sentimental ne peut s'empêcher de compatir avec un homme qui a vécu des drames personnels. Après être resté de longues années célibataire, il s'est marié sur le tard en l'an 2000 mais hélas sa première fille est décédée quelques jours après sa naissance. Il a depuis eu deux fils, mais le petit dernier est atteint de mucovicidose. On peut comprendre qu'il n'ait pas envie de rire tous les jours.

dimanche, mai 13, 2007

UK, 19 points, France aussi !

Dans la série "c'est tellement kitsch que c'est bien", il y a aussi le concours Eurovision de la chanson. La finale de l'édition 2007 avait lieu hier soir à Helsinki en Finlande. Le Royaume-Uni ne brille pas dans cette compétition où il n'envoie que des "artistes" qui chantent faux . Quant à la France, même les Belges ne votent pas pour elle. Eh bien, cette année, les deux pays ont été réunis dans l'adversité car ils sont arrivés tous deux avant-derniers, ex-aequo avec 19 points. Bravo pour cette belle démonstration de solidarité !

Et pour la dernière fois avant de n'en entendre plus jamais parler, voici les candidats britanniques, le groupe Scooch :

samedi, mai 12, 2007

Guilty pleasure

Sur une note beaucoup plus légère que mon post précédent, je dois reconnaître une certaine fascination pour les journaux à potins britanniques. Autant je ne lis pas les magazines people français (enfin, disons que je ne les achète pas...), autant leurs cousins d'outre-Manche me font rire. De temps en temps, je fais une razzia chez WH Smith, près de la place de la Concorde, pour une provision de lectures idiotes. Heat, First, Now, New, OK, Closer, il y en a des dizaines, tous obsédés d'actrices de soap operas, de femmes de footballeurs et de régimes.

En couverture de titres piochés la semaine dernière : Victoria Beckham est jalouse de Geri Halliwell parce qu'elle a une fille (elle a toujours l'air contrarié de toute façon), Britney Spears a perdu du poids (good for her), Jade Goody (la gagnante de Big Brother qui a proféré des insultes racistes envers une actrice indienne) est en vacances. C'est du pop corn pour les yeux et le cerveau, ça ne fatigue pas trop la tête et ça permet d'apprendre des expressions typiques comme "flab" (graisse), "hubby" (petit nom pour husband) ou "WAG" (wife and girlfriend... de footballeur).

Pour une lecture un peu plus consistante, j'achète aussi Vanity Fair. J'aime bien leur slogan : "Glossy on the outside, gritty on the inside".

vendredi, mai 11, 2007

Le pire cauchemar de tout parent

Elle est vraiment poignante, cette histoire de petite fille enlevée pendant ses vacances au Portugal. Le 3 mai dernier, Madeleine McCann dormait dans une chambre d’hôtel avec son frère et sa sœur pendant que ses parents dînaient dans un restaurant à 100 mètres de là. Ils se relayaient toutes les demi-heures pour vérifier que tout allait bien mais malheureusement, vers 22 heures, ils ont constaté que Madeleine n'était plus là.

La disparition d'un enfant est le pire cauchemar de tout parent et la Grande-Bretagne toute entière compatit au sort de cette fillette de trois ans, dont le père est originaire de Glasgow. Pourtant, en lisant le site du Herald, je suis tombée sur des commentaires très durs de lecteurs, qui mettaient en cause la négligence des parents, tous deux médecins. En gros, « ils ont eu ce qu’ils méritaient, ils n’auraient jamais dû abandonner leurs enfants pour passer du bon temps, ils auraient dû prendre une baby-sitter, etc… ». Le fait est qu’ils ont commis une tragique erreur et qu’ils le regretteront toute leur vie quelle que soit l’issue de cette regrettable affaire, mais comment les blâmer de ne pas avoir imaginé le pire ?

Il a pu nous arriver de laisser notre fils aîné dormir dans notre chambre d’hôtel pendant que nous mangions au restaurant trois étages plus bas. Certes, nous étions dans le même bâtiment et il ne nous serait jamais venu à l’idée de nous éloigner. Mais 100 mètres est la distance de part et d’autre d’une grande maison et qui sait ce qui peut arriver avec une porte mal fermée ?

Dans les commentaires du Herald, d’autres lecteurs répliquaient aux donneurs de leçon en parlant de « manque de cœur » ou d'obsession du « nanny state », cette volonté du gouvernement Blair d’éduquer les parents démissionnaires. Espérons simplement que l'enfant retrouvera rapidement sa famille.

mercredi, mai 09, 2007

Thatcher ou Blair

La plupart des journaux britanniques voient d'un bon oeil Nicolas Sarkozy, notre nouveau président de la République (et oui, il faut s'y faire). The Economist et The Times l'ont tous deux décrit comme "une chance pour la France", essentiellement sur la base de son programme économique. Ce qui ressort de tous ces commentaires, c'est que Sarkozy tient à la fois de Thatcher et de Blair. D'un côté, il est prêt à passer en force pour briser ce qu'il considère des rigidités françaises comme les régimes spéciaux de retraite, une posture résolument thatchérienne. Par d'autres côtés, il s'inscrit dans les pas de Tony Blair avec ses discours sur la tolérance zéro. On attend de voir quelle tendance va l'emporter (pour l'instant, on l'a surtout vu en croisière en Méditerranée).

Je rêve d'un Tony Blair pour la France, mais d'un Blair première période, jeune, capable de rassembler son pays, certes un peu marketing mais avec du fond aussi et portant un vrai programme social. Il y a dix ans, il avait quand même de la gueule.

mardi, mai 08, 2007

Les soirées de l'ambassadeur

(Attention, avis de snobisme aigu dans ce post...)

La semaine dernière, j'étais à une soirée à l'ambassade de Grande-Bretagne à Paris. Il s'agit sans aucun doute d'un des lieux les plus raffinés de la capitale. D'abord parce qu'il est situé dans la très chic rue du Faubourg Saint-Honoré, comme Hermès et le palais de l'Elysée, le siège de la présidence de la République en France. Et puis parce qu'il est abrité dans un hôtel particulier du XVIIIème siècle, qui fut la résidence de la soeur de Napoléon Bonaparte avant d'être vendu au gouvernement britannique en 1814. Le nouvel ambassadeur, Sir Peter Westmacott, a pris ses fonctions il y a deux mois et en semblait très content.

Le plus agréable dans ce temple du bon goût, c'est l'immense jardin au gazon manucuré, idéal pour des tea parties en élégante compagnie. Une étape obligée pour une "britophile" invétérée comme moi (je peux bien l'avouer, si j'ai des liens particuliers avec l'Ecosse, tout le Royaume-Uni trouve grâce à mes yeux).

L'objet de la soirée était le lancement de la marque New Look en France. New Look est rien moins que le troisième vendeur de vêtements en Grande-Bretagne, derrière Marks & Spencer et Next, et le premier vendeur de chaussures. Depuis quelques temps, la marque essaie de se donner une image mode en s'associant avec de jeunes designers ou tout dernièrement avec la chanteuse Lily Allen.


Personnellement, les collections présentées ne m'ont pas bluffée. J'ai repéré quelques robes brodées ou des vestes à manches courtes portables. Mais les pulls gris et jaunes semblaient inspirés des uniformes du personnel de l'Eurostar, et certains imprimés étaient vraiment too much.

(N.B. : je ne suis pas spécialiste de mode. J'ai succombé aux broches-fleurs ou aux talons compensés, mais j'ai du mal à suivre toutes les tendances. Pour un blog vraiment bien informé sur le sujet, je vous conseille Café Mode).

Pour finir, une soirée chez l'ambassadeur ne serait pas complète sans un détour par le buffet. J'ai goûté l'agneau à la menthe mais décidément la mint sauce n'est pas pour moi. En revanche, les desserts : yummy !

lundi, mai 07, 2007

Up for sale

En février dernier, j'évoquais une ferme écologique près de Lochwinnoch, transformée en maison d'hôtes, dans laquelle nous séjournons avec ma petite famille lors de nos vacances en Ecosse.

Eh bien ce lieu féérique est en vente. L'annonce est passée dans The Herald. On peut la voir à cette adresse : http://www.s1homes.com/buying/search/2007041709305810.shtml
Les offres démarrent à 450 000 livres (659 000 euros) si ça vous dit.

Je suis un peu déçue. Que vont devenir les cottages ? Le hameau était le lieu d'habitation des propriétaires en même temps que leur business et ils l'avaient retapé de leurs mains pendant des années. Ce ne sera plus la même chose sans eux. Sans compter que je m'inquiète pour notre réservation au mois d'août...

samedi, mai 05, 2007

C'est plié

Demain, j'irai voter sans enthousiasme, car le résultat semble acquis. Mais si la France n'a rien de passionnant actuellement, raison de plus pour regarder ce qui se passe ailleurs. Et d'abord en Ecosse, bien entendu. Watch this space !

(Ci-dessus, une photo qui circulait par e-mail entre les deux tours, légendée : "Bientôt dans toutes les mairies françaises". Eh oui, l'un des candidats est vertically challenged comme on dit...)

vendredi, mai 04, 2007

Rendez-vous dimanche

Trois anciens journalistes du quotidien français Libération ont quitté des jobs enviables (correspondants aux Etats-Unis et en Chine) sur fond de crise de la presse pour fonder une site d'information collaboratif mettant en commun journalistes, experts et internautes. Jusqu'à présent, leur site présentait le making-of de leur démarrage, les démarches juridiques, la recherche de locaux, les casse-têtes techniques... Leur projet doit vraiment débuter dimanche, juste avant le résultat de l'élection présidentielle. C'est peut-être l'avenir du journalisme.

Blogueurs-électeurs

J'ai adoré visiter les sites de blogueurs-électeurs écossais. Sur Silversprite, on a pu suivre une journée d'élection sur l'île de Bernerey, 128 habitants, dont un fermier qui est venu accomplir son devoir civique en tracteur. Les photos sur ce blog sont magnifiques. Ces plages, on se croirait aux Maldives !

Mo à Falkirk a fait partager ses impressions, avant (sur ce "crétin" de Jack McConnell, le futur ex-First minister), pendant (un système de vote par correspondance sans queue ni tête) et après (toujours pas de résultat au petit-déjeuner). Maintenant, j'attends tes commentaires sur les résultats !

Un Parlement sans Tommy Sheridan

Une chose au moins est sûre ce soir, c'est que Tommy Sheridan a perdu son siège au Parlement écossais. Tommy Sheridan est cet homme politique d'extrême gauche qui s'est fait connaître lors de la bataille contre la Poll tax dans les années 80. Récemment, il a surtout fait parler de lui pour un scandale sexuel qui a tenu en haleine toute l'Ecosse l'été dernier, et pour sa propension à fréquenter les instituts de bronzage. Splendeur et décadence d'un héros.

Photo : Duncan Brown

Mixed feelings

Quelle pagaille ! C'est la meilleure traduction pour "cock-up", non ? La plus polie en tout cas. Les élections au Parlement écossais qui se tenaient hier ont été marquées par plusieurs dysfonctionnements, parmi eux des dizaines de milliers de bulletins invalidés, des retards dans le comptage électronique des voix et le brouillard qui a empêché un hélicoptère de décoller d'Inverness pour aller chercher les urnes de l'île de Barra, dans les Hébrides. En se levant ce matin, les Ecossais ne connaissaient toujours pas le résultat. Ce soir, on sait que le Scottish National Party a remporté les élections par une voix d'avance (47 à 46 pour le Labour). Son charismatique (hem) leader, Alex Salmond, devrait donc succéder au sexy (a-hem) Jack McConnell comme Premier ministre écossais mais devra faire alliance avec les Libéraux-Démocrates. Le SNP a promis qu'il proposerait un référendum sur l'indépendance dans trois ans. Sera-ce possible avec une coalition ?



Je suis allée voir le résultat dans "notre" circonscription, Glasgow Kelvin : Labour. Oh well. Difficile de dire avec certitude ce que nous aurions voté si nous avions été sur place. N'ayant pas vécu ces dernières années en Ecosse, nous n'avons pas expérimenté la désillusion envers le Labour. En France, on note surtout que le Royaume-Uni a prospéré sous l'ère travailliste : moins de chômage, des investissements dans la santé et l'éducation... Mais le Labour est devenu un parti de notables usé par le pouvoir. Le vote SNP témoigne d'une volonté de prendre son destin en mains et surtout d'essayer une alternative après la déception des Travaillistes et le rejet des Conservateurs.

Au vu des forums sur Internet, j'ai noté des similitudes entre cette campagne et celle du référendum sur la Constitution européenne en France, en 2005 : les internautes exprimaient une défiance envers les médias, plutôt hostiles au SNP et à l'éventualité de l'indépendance. Mais ce n'est pas un landslide (victoire écrasante) non plus pour le SNP. Et le faible taux de participation montre que les Ecossais sont un peu résignés face à la politique.

Je persiste à penser que l'indépendance est une fausse bonne idée pour l'Ecosse. Si je comprends la volonté de s'affirmer face à Westminster, pour moi le seul horizon politique c'est l'Europe, l'ouverture des frontières et l'encouragement aux échanges. Les nations ont tout intérêt s'ouvrir aux autres plutôt qu'à se replier sur elles-mêmes. Et cela vaut pour la France aussi ! Mais ce genre de réflexion n'est pas très à la mode actuellement. Qui parle de l'Europe ?

Dans deux jours, c'est la France qui vote. On va moins rigoler.

jeudi, mai 03, 2007

Bon vote

Une pensée pour les habitants de l'Ecosse qui élisent leurs députés au Parlement écossais aujourd'hui. A bientôt pour les résultats.

A noter que tous les résidents participent à ce scrutin, Anglais et Français compris. Les Ecossais domicilés à l'étranger en sont exclus. Tant pis pour Sean Connery, qui soutient le SNP (Scottish National Party, séparatiste, favori des élections) tout en vivant à Marbella la moitié de l'année.

mardi, mai 01, 2007

Géopolitique des jours fériés

En France, il est habituel d'acheter du muguet pour le 1er mai et je perpétue bien volontiers cette tradition. Le 1er mai est la fête du travail, c'est à dire que l'on ne travaille pas ce jour-là en l'honneur de l'activité qui occupe la plus grande part de notre vie (pour ceux qui ont un travail, that is). Il n'y a pas de journaux, la plupart des commerces sont fermés etc... Si ce jour est un dimanche, too bad, on perd un jour de vacances. Si, comme cette année, il tombe un mardi, un grand nombre de Français en profitent pour "faire le pont" en prenant leur lundi.

Les Britanniques, eux, ont un rapport utilitariste avec leurs jours fériés : quelle que soit l'occasion, leurs bank holidays tombent toujours un lundi ou un vendredi, histoire de profiter d'un long week-end. Cette année par exemple, ils chômeront le 7 mai pour le May Day bank holiday. Pour moi, un 1er mai travaillé, c'est une forme de sacrilège.

En revanche, j'aime beaucoup le mot anglais pour muguet : lily of the valley.

dimanche, avril 29, 2007

John Quinton Pringle (1864-1925)

Ce n'est pas tout le monde qui peut se targuer d'avoir un artiste reconnu dans sa famille. C'est le cas de Mr Clerk, dont un des aïeux est le peintre post-impressionniste John Quinton Pringle. Certes, il est moins connu que Monet mais il a droit à un espace dédié à Kelvingrove, le grand musée de Glasgow récemment rénové, dont on ne chantera jamais assez les louanges. Il fait également partie des collections de la Tate Gallery à Londres.

John Quinton Pringle (1864-1925) était d'abord opticien, et le musée de Kelvingrove émet l'hypothèse que son métier a inspiré son style à petites touches, où les couleurs sont rendues par une multitude de coups de pinceaux. Resté célibataire, il a essentiellement peint des portraits et des paysages inspirés de son entourage, mais il a également fait des incursions en Normandie, à Caudebec et Rouen (sans doute sur les traces de Monet).

Cet artiste très attachant n'a jamais vécu de ses oeuvres qu'il a généreusement dispersées auprès de ses proches. Mr Clerk a lui-même hérité de deux tableaux, gardés en lieu sûr, je le précise pour les cambrioleurs potentiels ! Retenez son nom pour votre prochaine visite à la Kelvingrove Art Gallery. Il mérite d'être connu.

Pink flamingos

J'ai dit que j'allais passer quelques jours au pays des flamants roses, voici la preuve... de loin. N'étant restée que trois jours en Camargue, je n'ai pas pas pris beaucoup de photos. Mais je suis sûre que Mo, une blogueuse écossaise éprise de birdwatching, adorerait passer du temps dans le Parc ornithologique de Pont de Gau, près des Saintes-Maries de la mer. Cette région me repose vraiment, et cette saison est la plus agréable pour la visiter. Allez, fin de la parenthèse camarguaise (à regret).

mardi, avril 24, 2007

Cherchez votre tartan

Sur Internet, il est possible de trouver le tartan (le motif écossais) qui correspond à son nom. J'ai fait l'essai avec Clerk : j'ai trouvé ce mélange de rouge et de bleu, avec un peu de vert. Ce n'est pas le plus joli...

A noter que la plupart des tartans que l'on trouve aujourd'hui dans les boutiques pour touristes d'Edimbourg ou Glasgow sont une invention du XIXème siècle, suite à la visite du roi George IV en Ecosse en 1822 et à l'influence des romantiques, Walter Scott en tête. Désolée de briser un mythe !

Je pars au pays des flamants roses pour quelques jours. See you plus tard !

lundi, avril 23, 2007

Bigotry or what ?

Encore une histoire qui fait jaser les Français (il y a eu tout un sujet là-dessus sur France Inter) : la capitaine de l'équipe d'Ecosse de football, Julie Fleeting, a expliqué qu'elle ne jouerait pas pour une équipe de Grande-Bretagne aux jeux Olympiques de Pékin en 2008. Le Comité olympique britannique souhaite en effet dissoudre les fédérations écossaise et galloise pour n'aligner qu'une seule équipe regroupant toutes les nations.

D'après la présentation qui a été faite de cette info dans les médias français, il s'agirait de racisme anti-anglais, d'autant que le père de la jeune fille l'aurait prévenue qu'il la renierait si elle cédait.

Mais si on s'intéresse au sujet de plus près, on voit que c'est plus compliqué que ça. S'il existe effectivement une équipe écossaise aux Jeux Olympiques, il est légitime qu'elle concoure. Et même si Julie Fleeting est la meilleure joueuse de Grande-Bretagne, on peut comprendre qu'elle veuille défendre les couleurs de sa nation en priorité.

Mais je me trompe peut-être.

Photo : sivhuk

dimanche, avril 22, 2007

Ouf

Le pire a été évité. J'étais prête à demander l'asile politique à l'Ecosse si l'extrême-droite était arrivée au second tour.

A voté

J'ai effectué mon devoir électoral ce matin, dans un bureau de vote plein à craquer. Encore une fois, Mr Clerk s'est étonné d'un système français qui gaspille des kilos de papier pour les bulletins alors qu'au Royaume-Uni il suffit de cocher un nom sur une liste. Bref.

L'organisation des élections est très encadrée en France. La campagne est officiellement close depuis vendredi soir, et il est interdit de diffuser de nouveaux sondages jusqu'au résultat. Sauf qu'avec Internet, il est possible d'accéder à des estimations sur des sites étrangers (je ne donnerai pas les liens, j'ai le sens civique !). Un de mes collègues a annoncé qu'il attendrait 18 h pour aller voter en fonction des informations disponibles sur Internet. C'est idiot (et pourtant, je l'aime bien, ce collègue). Ce ne sont pas quelques votes entre 18 h et 20 h qui vont changer le résultat. Il vaut mieux voter selon ses idées.

N.B. L'affichette au-dessus du numéro du bureau de vote met en garde contre les menaces d'expulsion de parents d'élèves sans papier...

samedi, avril 21, 2007

Dilemne (J-1)

La politique française met la quiétude d'un foyer franco-écossais à rude épreuve. Nous avons des débats houleux à propos des avantages comparés des systèmes électoraux britanniques et français. D'un côté, le suffrage à un tour semble moins démocratique puisqu'il réduit le choix aux deux partis dominants, même si les Libéraux Démocrates viennent parfois troubler le jeu. D'un autre côté, les deux tours à la française s'apparentent à un faux choix, puisque seuls une poignée de candidats peuvent prétendre accéder au pouvoir. S'ajoute à cela le poids du Front National, dont personne n'a oublié l'accession au second tour en 2002. On se retrouve donc tenté, malgré la diversité des candidatures, à se replier sur un vote "utile" ou "raisonnable" au détriment d'un vote d'adhésion, par crainte d'éparpiller sa voix. A ce compte-là, il ne sert plus à rien d'avoir deux tours.

Une solution pour se sortir de ce dilemne serait de convaincre les électeurs du Front National que leur vote est une impasse. Mais malheureusement, la peur de l'avenir et de l'étranger est trop solidement ancrée dans une portion de la population pour en faire une option réaliste à moyen terme. Je ne crois pas pour autant à une xénophobie spécifique à la France. Le vote d'extrême-droite est fort dans d'autres pays d'Europe (Suisse, Belgique, Pays-Bas...) et je suis convaincue que s'il existait un scrutin à deux tours au Royaume-Uni, le British National Party ferait un bon score.

Au final, le scrutin à un tour est sans doute un moins mauvais système. Mais il suppose une culture du compromis très éloignée de l'esprit français. Je n'ai plus qu'une solution : changer de pays !

Photo : Lisa Keeney

Une journaliste écossaise écrit sur la France

Toujours à propos des élections, je serais curieuse de lire le livre de la journaliste écossaise Emma Vandore, Shizophrénie française (éditions Jean-Claude Gawsewitch), qui vient de sortir et dont la presse se fait l'écho ici, ou . L'auteur analyse la vie politique française avec son oeil de Britannique, donc avec subjectivité mais aussi en rendant compte des a priori des Français à son encontre. En tant que Britannique, elle est forcément un suppôt du libéralisme, présupposent ses interlocuteurs...

Cela me rappelle le référendum sur la Constitution européenne, en 2005. Pour certains, mariée à un Ecossais, je devais forcément voter non puisque les Britanniques sont plutôt hostiles à l'Europe. Pour d'autres au contraire, cette ouverture sur le monde devait se traduire par un oui. Etonnante, tout de même, cette vision que les Français ont des Britanniques, à la fois renfermés sur leur île et apôtres du libre-échange. Pour mémoire, les Français ont voté non à 55 % (je n'ose imaginer quel score ferait le non chez les compatriotes de Tony Blair si on leur demandait leur avis).

La fin des caissières ?

En France, on parle beaucoup d'un projet de suppression des caissières de supermarché, au profit de bornes automatiques dans lesquelles les clients scanneraient eux-mêmes leurs achats. Non seulement elles sont mal payées et travaillent à temps partiel contraint, mais en plus elles vont perdre leur job...

Au Royaume-Uni, où l'on se pose moins de questions, pour le meilleur et pour le pire, les caisses automatiques existent déjà. J'ai pris cette photo chez Asda lors de mon dernier séjour en Ecosse, en décembre. Elles sont réservées aux paniers de moins de dix articles. Et cela n'empêche pas le magasin de compter beaucoup d'employés préposés à l'accueil, au rayon poissonnerie ou pizzéria... Alors, on y viendra sans doute. On a bien supprimé le poinçonneur du métro.

vendredi, avril 20, 2007

Tous en kilt samedi soir

Tiens, une soirée en kilt au Paris Paris, une boîte du quartier de l'Opéra. Je relaie l'invitation ici, ça pourra intéresser des blogueurs scottophiles (je viens d'inventer le mot).


Je reproduis aussi une suggestion d'habillement envoyée en même temps que l'invitation, pour ceux qui ont besoin d'inspiration.




jeudi, avril 19, 2007

Haiku écossais

Un jour, pour un cadeau d'anniversaire, j'ai acheté un petit recueil de poèmes titré Glasgow Zen, par Alan Spence (éditions Canongate). Plus que des poèmes, ce sont des haikus, ces versets japonais de quelques lignes, souvent énigmatiques. Des haikus écossais, ce n'est pas banal. On trouve aussi des poèmes en prose. Je reproduis l'un d'eux pour faire une petite respiration et parce que je trouve qu'il exprime bien ces moments où l'on est à un carrefour de sa vie.


ORACLE

There was this time, years ago, I was in
London and wondering whether to stay
there or come back to Glasgow.
Someone suggested I consult an oracle.
I-Ching sort of thing. (It was the
Sixties !) I thought I would give it a go.
But the only book I had to hand was a
collection of Japanese haiku - a big thick
hardback by RH Blyth, published in
Tokyo. So I decided to open the book at
random, see if it had anything to tell me.
I closed my eyes, opened the book. And
when I looked at the page, this is what I
read :

This is the bell that never rang
This is the fish that never swam

This is the tree that never grew

This is the bird that never flew

In a book of Japanese haiku. Published
in Tokyo. And the footnote just said
Jingle on Glasgow City coat of arms.

So I came back to Glasgow.


N.B. Il y a vraiment une cloche, un poisson, un arbre et un oiseau dans les armoiries de Glasgow. J'ai trouvé ce site très intéressant sur l'histoire de cette symbolique.

mercredi, avril 18, 2007

A tale of six cities

Ecosse + design = deux raisons de s'intéresser au festival Six Cities, qui aura lieu du 17 mai au 3 juin prochains dans six principales villes écossaises, Aberdeen, Dundee, Edimbourg, Glasgow et Stirling. Financé par le gouvernement local écossais, cet événement a pour but d'encourager les entreprises à utiliser le design, de mettre en avant les studios de création écossais comme Timorous Beasties ou Graven Images, et de sensibiliser le grand public avec des expositions. Chaque ville développera son propre thème, comme les enfants à Stirling, la maison à Inverness, les espaces publics à Glasgow, la bande dessinée à Dundee, etc...

L'influence du design est évidente à Glasgow, qui a été nommée ville britannique de l'architecture et du design en 1999 et en a profité pour réhabiliter les bâtiments de Charles Rennie Macintosh, son créateur fétiche. Parmi eux, the Lighthouse, une vigie à proximité de Buchanan Street qui accueille aujourd'hui le Centre national écossais de l'architecture et du design. La ville en fait presque un peu trop avec son slogan "Scotland with style" qui oublie son côté populaire. Je préférais le précédent, "Glasgow's miles better" avec son petit bonhomme souriant, mais il n'était plus assez chic.

Photo : Colin

mardi, avril 17, 2007

Mr Clerk répond au questionnaire

En vrac et sans trop réfléchir, un Ecossais de Paris se prête au jeu du questionnaire des expatriés.

5 choses que vous aimez dans votre nouveau pays

-le pain
-le climat
-le vin
-la créativité
-le Tour de France

4 choses qui vous manquent de votre ancien pays

-les amis
-les gens sympathiques
-un meilleur boulot
-l'air pur

3 choses qui vous énervent dans votre nouveau pays

-"middle class French snobs"
-les politiciens français (ils sont intouchables. En Grande-Bretagne, les corrompus disparaissent)
-les banques françaises (incompétentes, trop chères...)

2 choses qui vous surprennent dans votre nouveau pays

-les pompiers (en Grande-Bretagne, il y a soit les paramedics, soit les fire brigades)
-les systèmes de garde pour les enfants (plus pratiques qu'en Grande-Bretagne)

1 chose qui vous manquera quand vous partirez

-ma femme [bien répondu, note de P.C.]

dimanche, avril 15, 2007

Fashion sense (or maybe not)

Les vendredis et samedis soirs, Central Station, la gare centrale de Glasgow, offre le spectacle de hordes de filles débarquant du train, prêtes à prendre d'assaut les bars de la ville. La vision est particulièrement impressionnante en hiver, quand vous grelottez dans votre doudoune tandis qu'elles font claquer leurs stilettos, jambes nues et en mini-jupe. La première fois, ça surprend, mais je crois que la coutume est également répandue dans le nord de l'Angleterre.

Il faut dire que les jeunes Ecossaises ont un goût vestimentaire disons... particulier. Les employées de bureau habillées en costumes austères et collants opaques la semaine sont capables de se "lâcher" le week-end avec top pailleté, dos nu, escarpins dorés, très bling bling. Je n'ai pas trouvé de meilleur mot pour les qualifier que ladettes, l'équivalent féminin de lad, le mec britannique typique. L'avantage, quand on est française, c'est qu'il est très facile de passer pour élégante et sophistiquée. Un vieux pull, un pantalon noir et c'est "oh, you are soooo Parisian !".

Mais je suis trop snob. Chacun sait que le seul habillement qui convienne en Ecosse, c'est des thermal underwear (le Damart bien de chez nous), un pull en polaire, de bonnes chaussures de marche et avant pour affronter les intempéries. Sauf ce printemps si j'ai bien compris, n'est-ce pas, Mo ?

Photo : irnbru1970

Elections

Alors il paraît que le Scottish National Party (SNP, parti indépendantiste) est bien placé pour remporter les élections au Parlement écossais, le 3 mai prochain. Je ne sais pas trop quoi en penser, mis à part que Alex Salmond, le leader du SNP, a une tête (et un nom) rigolos. L'Ecosse a gagné beaucoup d'autonomie depuis la dévolution de 1999 et je ne vois pas en quoi la création d'une nouvelle frontière en Europe serait un progrès. Mais enfin, je me garderais bien de donner des leçons, en matière de repli identitaire la France est plutôt en pointe actuellement.

mercredi, avril 11, 2007

They are the champions

En lisant la presse économique (personne n'est parfait), je suis tombée sur une publicité pour Scottish Development International, un organisme qui incite les entreprises à s'implanter en Ecosse. Elle énumère quelques inventions made in Scotland : la télévision, le téléphone, la machine à vapeur, la télécopie, la pénicilline, l'aspirine, l'insuline, le DAB, Dolly la brebis.
Pas mal pour des mangeurs de haggis, non ? Ils ont même le bon goût de garder pour eux le Irn Bru et la deep fried pizza.

Photo : photojennic

dimanche, avril 08, 2007

Glasgow en odorama

Lorsque je pense à Glasgow (ah, si j'avais un jet privé pour y retourner plus souvent !), me viennent immédiatement des images de Gartnet Hill ou du West End mais aussi une caractéristique indissociable de la ville : l'odeur venue des brasseries où l'on fabrique la bière. Certains peuvent la trouver écoeurante. Moi, j'aime ces fortes effluves de houblon, qui évoquent les céréales grillées. Plus d'infos sur l'industrie des brasseries (dit-on brassicole ?) écossaises ici.

Photo : binraker

samedi, avril 07, 2007

99 Flake, qu'est-ce que c'est ?

Ah, le printemps, le retour du soleil ! Cela donne envie de s'assoir en terrasse et de déguster une glace. Speaking of which, l'institution de la glace en Ecosse s'appelle 99 Flake, une création de la marque Cadbury composée d'un cornet, d'une glace crémeuse et d'une gaufrette en chocolat. Ce n'est pas léger, c'est très sucré mais pour moi cela évoque instantanément une journée ensoleillée en bord de mer, à Largs par exemple.

Cette variété de glace est connue dans tout le Royaume-Uni. Il existe toutes sortes de théories sur l'origine de son nom. L'une d'elle fait référence à une famille de glaciers italiens situés au 99 High Street à Portobello en Ecosse qui auraient inventé la recette originale dans les années 1920. Le sujet passionne les internautes, on peut trouver des précisions ici, ou encore .

Si vous allez à Largs pour manger des glaces, il faudra vous arrêter aussi chez Nardini, le célèbre salon de thé local qui sert les desserts glacés les plus extravagants commme le Knickerbocker Glory. Ben & Jerry's peuvent aller se rhabiller.

Photo : Dave Gorman

mercredi, avril 04, 2007

Le questionnaire, je m'y mets

Je ne vis plus en Ecosse depuis longtemps mais à force de lire tous les questionnaires d'expatriés sur les blogs, cela m'a donné envie de mettre mon grain de sel. Après tout, Mo non plus n'est plus exilée et ça ne l'a pas empêchée de se prêter brillamment à l'exercice. C'est parti.

5 choses que vous aimiez dans votre nouveau pays

-la vie culturelle : vernissages, films au GFT, opéras, concerts, musées... A Paris, le choix est tellement vaste que l'on n'en profite pas. A Glasgow, c'est beaucoup plus facile de ne rien rater.

-le fait que la nature soit si proche de la ville. A Paris, il faut passer une heure dans les embouteillages pour espérer apercevoir la forêt de Fontainebleau. A Glasgow, en quelques minutes, on atteint des lochs, des fermes, des îles...

-les îles justement (Arran, Bute, Mull, Jura...), de petits concentrés d'Ecosse où l'on est encore plus dépaysé que sur la terre ferme. La traversée en ferry est déjà un voyage.

-Marks & Spencer's et Sainsbury's, deux magasins géniaux pour les plats indiens, les herbal teas, les soda breads... Toutes choses difficiles à trouver ici.

-les séries américaines en VO et en prime time. En France, Sex and the City, Friends, Urgences (ER), Les Sopranos, Desperate Housewives ont droit à des diffusions très sporadiques avec deux ans de décalage. Et j'aimerais voir toutes ces bonnes séries britanniques comme Extras ou Life on Mars sans avoir à louer un DVD.

4 choses qui vous manquaient de votre ancien pays

-l'énergie d'une capitale

-le travail. Journaliste française à Glasgow, c'est limité...

-les vrais croissants

-France Inter (ici en France, j'aimerais bien écouter Radio 4)

3 choses qui vous énervaient un peu/beaucoup dans votre nouveau pays

-le climat. C'est banal, mais la petite pluie persistante mêlée au vent qui retourne les parapluies, ça lasse. Enfin, quand toute l'Europe sera devenue le Sahara, on sera contents d'avoir une oasis de fraîcheur.

-la passion du shopping. Au Royaume-Uni, c'est un loisir, encore plus qu'en France. Les Britanniques se ruent sur les soldes à peine la dinde de Noël digérée. Corollaire : ils vivent à crédit.

-j'ai du mal à en trouver trois. Je dois l'aimer vraiment ce pays. Peut-être le manque de débats d'idées. En France, on a tendance à se noyer dans un verre d'eau mais au moins on discute. En Grande-Bretagne, je ressens de la passivité par rapport à l'ordre établi. C'est peut-être l'effet anesthésiant des années Blair. Sous Thatcher, c'était plus chaud.

2 choses qui vous ont surpris dans votre nouveau pays

-la gentillesse des gens qui vous adressent spontanément la parole en faisant la queue ou en attendant le bus. On est loin du caractère revêche des Parisiens.

-une certaine américanisation de la culture, pour le meilleur (l'anti-américanisme primaire à la française est gonflant) et pour le pire (la junk food).

1 chose qui me manque terriblement

-sans hésiter, notre groupe d'amis qui se donne rendez-vous le jeudi soir au pub et avec qui on organisait tout le temps des dîners, des virées à la campagne, des sorties... A Paris, cela semble si difficile de se voir.

Il y aurait bien d'autres choses à dire. Heureusement que ce blog est là pour compléter. Je vais essayer de convaincre Mr Clerk, un vrai expatrié, lui, de jouer le jeu. Cela risque d'être saignant pour les Français !

A propos de l'identité nationale

La campagne présidentielle qui bat son plein de ce côté de la Manche permet de se poser des questions fondamentales comme "Qu'est-ce qu'être Français ?". Est-ce se ranger derrière un drapeau et la Marseillaise ? L'autre jour, j'expliquais à des collègues que je ne me sentais pas fière d'être Française. Chanceuse, sans doute, de vivre dans un pays riche. Attachée, car c'est le pays où j'ai grandi. Mais fière, non, je ne voyais vraiment pas pourquoi. Etonnament, tous mes collègues m'ont contredite. Pour eux, la fierté allait de soi.

Peut-être du fait de mes liens avec l'Ecosse, j'ai appris à relativiser la puissance de mon pays, son influence culturelle, ses valeurs. La France s'enorgueillit d'avoir inventé les droits de l'homme mais l'Angleterre et les Etats-Unis nous ont précédés. Nous y avons ajouté une portée universelle mais à quel prix ? Cela nous a servi de prétexte pour coloniser d'autres peuples. Nous sommes reconnus pour notre industrie du luxe et nos bons vins mais nous ne sommes pas les seuls à apprécier les belles choses. Nous faisons rouler un TGV à 574 km/h mais le train à grande vitesse allemand est très performant aussi. Je ne cherche pas à dénigrer mon pays mais simplement à mettre en perspective ce qui est parfois décrit comme "le génie français". Je peux apprécier François Truffaut autant que Woody Allen, Victor Hugo ou Dostoïevski, Air ou Divine Comedy, sans mettre sur un piédestal les artistes français. Quant à mettre un drapeau tricolore à ma fenêtre...

Pourtant, en Ecosse, la croix de Saint-André, symbole national, est visible partout sans que cela me choque. Peut-être parce que quand on est une nation sans être un Etat, on a besoin de manifester sa fierté face au pouvoir central. L'Ecosse a ses problèmes d'identité comme la France. Mais sa position de minorité lui évite de donner des leçons aux autres. Et ça me plaît.

dimanche, avril 01, 2007

Spéciale dédicace aux bloggers canadiens

Un peu de l'Ecosse a traversé l'Atlantique. C'est la Nouvelle Ecosse, au Canada (Nova Scotia en VO). Mes amis de Helensburgh, ceux qui ont les poules, y sont allés pour faire du bateau, et ils ont été enchantés. Cela n'a qu'un lien assez ténu avec la raison d'être de ce blog, mais disons que ça reste dans la thématique Ecosse, et ça me permet de saluer les nombreux Canadiens qui peuplent la blogosphère (démago, moi ?).

Voici le compte-rendu rapide de mon ami. Je le laisse en anglais car c'est tellement mieux tourné ainsi... et ça donne envie d'y aller, non ?

"Nova Scotia was very very nice and perhaps the friendliest people we have ever met. Even more friendly than punters from Paris or Johnstone castle. It's not really a "happening" place but it had its moments [I love that bit, note from P.C.]. Whenever we went ashore, lots of people offered to take us to the supermarket in their cars, come up for a coffe and a chat- that sort of thing. We went to Prince Edward Island (prefer it if they gave that a new republican name) [my friend is obviously not a monarchist] and Cape Breton island - home of true celtic music. We also sailed across the bay of Fundy to New Brunswick, partly in the fog and we managed to see some enormous whales."

Précision : il n'y a pas de poisson d'avril caché dans ce message. Juste quelques énormes baleines.